Et mon coup de coeur de l’année 2016 est…

On ne parle pas ici des Spiel des Jahres, ni des Trois Lys, mais je reste un passionné de jeux, et cette passion se manifeste à toutes les années par mon « coup de coeur de l’année ». En 2015 mon temps des fêtes a été soufflé par Pandemic: Legacy, et les années précédentes m’ont permis de découvrir des bijoux comme Imperial Assault, Eldritch Horror et le magistral Mage Knight .

Mais quel jeu cette année m’a le plus fasciné, séduit et surtout amusé? Lesquels ont failli le faire? Auraient pu le faire? Roulement de tambour…

Un élan d’émotion dans un monde de cubes en bois

Aucun doute dans mon esprit – mon coup de coeur pour Scythe commence déjà à la couverture.

Rares sont les jeux qui réussissent à survivre à un « hype » qui pousse les attentes à des niveaux démesurés. Encore plus rares sont les jeux Kickstarter à réussir l’exploit de les satisfaire (à temps en plus!). Scythe a, dès sa parution, su à la fois régaler ses supporteurs et conquérir bien d’autres coeurs, dont le mien.

Brisons avec la tradition et parlons d’abord de l’aspect visuel du matériel, qui est tout simplement époustouflant. Bâti sur l’univers d’un certain Jakub Rozalski et de ses toiles représentant une Europe alternative des années ’20 (« Europa »), les illustrations sont magnifiquement empreintes de grandeur et d’émerveillement.

Olga & Changa, leurs mechs et leurs amis prolétaires
Gunther, un de ses loups apprivoisés, et son envie d’envahir Polandia

Chaque faction a un style unique. Les figurines sont superbes, des héros en plastique avec leurs animaux « compagnons » en passant par les « mechs » rétro-futuristes, jusqu’aux travailleurs en bois dont la silhouette diffère d’une faction à l’autre. Ça en fait un jeu qui fait littéralement arrêter les passants le temps de s’exclamer « Wow… à quoi vous jouez? C’est vraiment un beau jeu…« .

Si ce n’était que ça, mais c’est un excellent jeu en plus

Une rencontre intéressante. Elles le sont toutes.

Des beaux jeux plates, on en a vu des tonnes. Mais Scythe, se réclamant résolument de l’école des jeux « Euro », bâtit avec succès sur des bases solides de « gestion d’économie » pour y ajouter du contrôle de territoire, de la gestion de la production et même un peu d’exploration autour d’une mystérieuse « Factory » rétro-futuriste. Chaque action est très rapide et se joue en deux temps selon une fiche de joueur (« player mat ») sélectionnée aléatoirement. Le rythme est effrené: on se surprend souvent à dire « déjà à moi? », et la partie se conclut généralement sous les deux heures.

Sur une combinaison de fiche « de faction » (en haut) et « de joueur » (en bas, on déplace des pièces au fil du jeu. Ce faisant, on découvre des bonus et cache des coûts. Génialissîme, et tellement fluide.

Le système de « gestion d’économie » est si ingénieux qu’il mériterait un prix à lui seul. Lorsqu’on « upgrade » sa « fiche de joueur », on déplace un cube en bois du haut de la fiche vers le bas de la fiche, ce qui a pour effet d’à la fois rendre l’action du haut plus efficace ET l’action du bas moins chère.

Il y a du combat, mais Scythe n’est pas un jeu de combat. Celui-ci est rapide et utilise des « mises cachées simultanées » pour se résoudre (chose qui ne me dérange pas mais irrite certains joueurs).

Un jeu où le combat « arrive », comme une inondation ou verglas. Mais ne vous y trompez pas: c’est bien un jeu Euro qui bâtit sur une gestion des ressources impeccable.

Il y a de la négociation et de l’influence des autres joueurs joueurs, mais ce n’est pas un jeu de négociation ou d’influence. C’est un jeu de contrôle de territoires, mais il n’y a pas que ça. S’il y avait un léger défaut à cet opus, ce serait de ne certainement pas pécher par excès d’interaction, mais même sur cet aspect il se mesure avantageusement à tant d’Euros qu’on lui pardonne.

Chaque faction de distingue aussi par son style de jeu, avec quelques habiletés qui leur sont propre. La combinaison entre la « fiche de faction » et la « fiche de joueur » vient assurer une rejouabilité quasi infinie, et c’est sans compter les cinq factions différentes (sept en fait… voir plus loin…)

Si ce n’était que ça, ce serait déjà bien, mais Scythe se targue d’offrir une « Intelligence Artificielle » pour jouer en solitaire. Loin d’être un ajout « après le fait », elle offre de beaux défis et une difficulté variable.

La compétition

Pendant une bonne partie de l’année, Star Wars Rebellion aurait été au sommet de ma liste: un jeu intéressant, captivant, qui met en scène ce que Star Wars a de mieux à offrir dans une lutte à finir entre les deux côtés de la Force. Mais il souffre d’un seul défaut notable: le système de combat est peu original et pénible. C’est une tare fatale pour un pour un jeu de style… « wargame ».

Secret Hitler aurait pu rafler le « plus beau jeu de l’année » tant les petites pancartes en bois et les dessins de nazis reptiliens sont charmants. Mais le jeu lui-même, après plusieurs parties, perd un peu de son lustre chez moi… un peu trop « aléatoire »… trop de parties se sont terminées en queue de poisson sur un dénouement qu’aucun joueur perdant n’avait assez d’information pour empêcher.

Pour Star Wars Destiny, par la nature du jeu même on ne le saura que dans plusieurs mois (qui sait? Peut-être mon coup de coeur 2017…).

Les absents, comme toujours, ont tort

Des jeux qui ont marqué l’actualité ludique, il y en a deux auxquels je n’ai pas encore joué, ce qui est un peu un scandale pour un amateur dans mon genre. Voici mes meilleures prétextes pour éviter de les décorer:

J’aime 7 Wonders, j’aime les jeux de cartes, j’aime les duels, je devrais donc logiquement beaucoup aimer 7 Wonders Duels. Mais lorsque comparé à Scythe, mais c’est manifestement un jeu moins audacieux, moins ambitieux. Une variation (sans doute excellente) sur un thème plus connu, moins risqué.

J’ai aussi entendu beaucoup de bien de Terraforming Mars, non la moindre de ses qualités étant de posséder une version solitaire. Mais c’est un jeu un peu plus charnu, avec un peu plus de texte, et de ce que j’entend l’interaction n’est pas au premier plan du jeu. Tout cela me sussure donc à l’oreille que j’aimerai bien y jouer lorsque le temps sera venu, mais que ça ne sera pas le même coup de coeur que j’ai eu pour l’Europa de Scythe.

Bonus! L’extension pour Scythe: Invaders from Afar

Togawa, avec son petit singe sur le bâton, ses mechs à la « Ghost in the Shell » et son « paysan japonais rondelet », remporte la palme de la faction la plus sympathique.

Elle était annoncée, et l’extension vient tout juste de sortir, et vient ajouter les deux factions « restantes », pour lesquelles il y a une place sur le tableau de jeu: Albion (les écossais-anglais) et Togawa (nippons).

Elle ajoute deux « player mats » différents. En théorie cela permet une partie à 7 joueurs, mais je doute que Scythe brille à ce nombre de joueurs.

Essentielle? D’aucune façon, mais ceux apprécient le jeu voudront sûrement s’en munir.

Une réflexion au sujet de « Et mon coup de coeur de l’année 2016 est… »

  1. Je plussoie sur Scythe. Une seule partie à mon actif, mais un gros coup de coeur pour moi également. Mécanismes simples et élégants, fluidité de jeu, etc. Beaucoup d’avantage à ce jeu, dont on comprend les règles en 15 min. Et quand la partie s’est terminée (avec un vainqueur insoupçonné), j’avais terriblement envie d’en faire une autre. 🙂

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