Star Wars Destiny

Vous en avez fini avec jeux à collectionner… cartes, dés, disques en carton. Fifi, nini, fi-ni. Vous êtes passés aux « Living Card Games » (où tout le monde a les mêmes cartes), ou encore vous vous êtes mis à Ashes: Rise of the Phoenixborn. Mais là, Fantasy Flight Games sort un nouveau jeu de cartes/dés de Star Wars, et bon sang de diable, vous vous surprenez à être intrigués, tentés peut-être même de retourner dans le monde où on achète des « blind boosters » où on ne sait pas quelle carte sera dans le paquet…

Mais j’ai cédé, pour la première fois depuis plus de 20 ans alors que j’écoulais mes dernières cartes de Magic. Et vous allez céder. Pourquoi? À cause de ce qui suit:

Mais n’est-ce pas là la voie qui mène au côté obscur?

Et le jeu il est comment?

Un « deck » avec toutes ses composantes: battlefield, personnages, dés et cartes.

À la base, le jeu est simple, voire simpliste: Deux adversaires s’affrontent avec leur « deck » personnel possédant 4 composantes:

  1. Des cartes « personnages » de toutes les époques de Star Wars (Luke, Darth mais aussi Jango Fett et Jabba the Hutt) totalisant 30 « points ».
  2. 30 cartes (précisément) constituées d’équipements, habiletés, d’événements, de véhicules, etc.
  3. Les dés, typiquement une dizaine, lui correspondent aux cartes « personnages » et à certaines cartes du paquet de 30 cartes.
  4. Une carte spéciale, le « battlefield », qui donne une habileté particulière lors de la partie.
Toutes les actions possibles. Ouaip, c’est tout.

La partie est une série de tours où chacun fait une action parmi un nombre très restreint: Activer un personnage pour rouler les dés qui lui sont associés, utiliser les dés qu’on a roulé à l’action précédente (pour faire des dégâts, typiquement), jouer une carte « événement », réclamer le « battlefield » pour terminer le tour, etc. On gagne soit en éliminant tous les personnages de son adversaires, ou si son adversaire ne possède plus de cartes ni dans sa main ni dans sa pioche. C’est tout.

Les règles tiennent en un recto-verso, et le texte des cartes est peu complexe. Ceux qui veulent un tutoriel complet peuvent visionner celui de Team Covenant, assez bien fait. Il ont même pris la peine de se peigner, c’est dire.

Chaque action est TRÈS rapide, et l’alternance va à un rythme soutenu… pas de délais d’attente, pas trop de réflexion puisque la situation est généralement assez claire pour indiquer quelques cours d’actions possibles seulement. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’élément stratégique. Outre la construction de son deck (avec les dés!) sur laquelle je reviendrai, le choix d’une et une seule action crée un « back and forth » très dynamique où la partie finit toujours par avancer vers une fin qui survient autour de 30 à 40 minutes. Il faut s’attendre à ce que cette durée diminue au fur et à mesure que des decks seront construits avec des stratégies précises en tête.

Étrangement, on n’y pense pas à deux fois avant d’envoyer Count Dooku contre Rey ou Qui-Gon contre Jabbat the Hutt. L’univers de Star Wars, avec tous ses codes et des plus belles icônes, est là, et le jeu vient cadrer facilement dans le décor d’une galaxie lointaine. Ça en devient une habitude pour FFG 🙂

Et le collectionnage il est comment?

Les jetons nécessaires pour jouer et des beaux, gros dés colorés et agréables à rouler qui paraissent vraiment mieux en personne qu’en image.

À part le « rush » intense de l’ouverture de boosters, le collectionnage oscille entre l’irritation et la frugalité.

L’irritation parce que les paquets de départ, même s’ils sont amusants à jouer, sont incomplets et qu’il sera nécessaire d’acheter au moins quelques « boosters » (contenant 5 cartes dont 1 « rare » avec le dé qui l’accompagne) pour commencer à faire des permutations intéressantes. Certaines cartes sont « légendaires » et n’apparaissent que dans 1/6 des paquets, et pour les jouer « en version élite » (à deux dés), il faudra les obtenir deux fois! Ils ont même poussé l’audace jusqu’à ne mettre certaines cartes que dans les paquets de base, ce qui rendu là est un peu insultant.

Une grande partie du plaisir viendra bien sûr des multiples échanges qu’il sera possible de faire avec son adversaire.

Deux starters, c’est le « prix d’entrée », et ils sont jouables mais incomplets.

La frugalité puisque l’on n’a pas besoin de s’acheter tant de cartes pour que ça devienne possible de beaucoup s’amuser. Comptez tout de même 40$ pour les deux « starter kits », et pour bien commencer la journée une dizaine de boosters à 4$ chacun, et vous devriez déjà avoir deux decks complets, et plusieurs options stratégiques. À savoir si vous allez tirer de ce 80$ autant de plaisir et d’heures de jeu qu’un excellent jeu à prix équivalent (tousse Scythe tousse), il n’en tient qu’à vous mais je le dis d’emblée:

C’est fort possible.

Rien de tout ça ne me semble vraiment sortir de l’ordinaire, où est l’attrait exactement?

Ce bon vieux Vader (un « Legendary »!) avec des nouveaux Stormtroopers de l’Épisode 7. Et ça clash même pas.

Pour tout mon attrait et ma sympathie envers le jeu, je n’ai pas « cliqué » avant un événement fatidique survenu quelques jours après mon achat: une partie (une défaite amère en l’occurence) contre mon fils de 10 ans.

Fallait voir les étoiles dans ses yeux.

Le jeu est accessible, sans temps mort, avec une part de chance assez grande pour lui permettre une victoire éclatante mais tout de même assez stratégique pour que je gagne plus de parties que lui sur la durée.

C’est là que j’ai réalisé que la communauté qui va entourer ce jeu sera énorme. Les groupes d’amis vont se rencontrer, échanger des cartes, faire des parties, et il faut s’attendre à un marché parallèle d’achat et de ventes de cartes. En bon père à la fois geek et indigne, je compte résolument récompenser mon fils pour ses bonnes notes ou le ménage de sa chambre avec des boosters qu’il pourra échanger avec ses amis.

Est-ce une « trappe à cash »? Est-ce que le plus riche aura un meilleur « deck »? Bien évidemment. Mais l’appât du gain me semble être raisonnable, du moins tant qu’on ne vise pas être en compétition.

Et au final?

Au final, moi je vous dis: cédez. Une fois l’investissement initial passé, et si c’est pas de choisir entre ça et payer votre loyer, si d’investir une huitaine de dollars à chaque semaine vous donne quelques frissons et quelques heure de plaisir dans une partie, pourquoi pas. Qui a dit que le côté obscur n’était pas un peu l’fun?

Et des fois, juste des fois, un gars se dit « fuck it », et il s’achète une boîte entière de boosters. Alea Jedi Est.

 

UPDATE: Penny-Arcade a bien saisi l’essence de la compétition père-fils…

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