Meujeu cherche joueurs pour 2014

     Comme mon carnet de bal s’est pas mal vidé ces derniers mois, j’aimerais lancer début 2014 une nouvelle campagne JdR. Je ne sais pas encore laquelle (3 à 4 projets différents me motivent) mais, comme on a tous des emplois du temps chargés et/ou des enfants, je pense que je me lancerais dans celui qui intéressera suffisamment de joueurs. Disons qu’il en faut au moins trois pour que la campagne se lance.
 
1) Les JDR que je vous propose :
 
On va touuuus mourir !
2012, EXTINCTION
Campagne « prête à jouer » de la série Clé en Main des XII Singes. Rien qu’en la lisant, je bouillais d’envie de la faire jouer… C’était il y a trois ans de cela et ça ne s’est pas atténué.
 Ambiance : film catastrophe, avec des PJ un peu Tarantinesque (à moins que ce ne soit à la John Woo) qui assurent grave.
Bons points : intrigue très bien pensée, campagne rapide car 5 scénarios seulement.
Moins bons points : système de jeu simpliste du « Clé en main » (qu’on peut garder ou non, selon ce que les joueurs préfèrent), PJ prétirés (là aussi, on peut changer cela)
 
Le jeu où tu rassembles ton Moi, ton Surmoi et ton Ça dans une même voiture.

LA MÉTHODE DU DR. CHESTEL

Petit JdR « de niche » paru dans les années 90, où les PJ incarnent des soigneurs qui investissent les rêves d’un patient pour le guérir de ses affectations mentales. Mais cela va aller au-delà des songes des patients, car la méthode du Dr Chestel, comme toutes les grandes découvertes, vient avec son lot de controverses et de convoitises…
Ambiance : Inception, ou même Avalon. J’y rajoute une touche à la K.Dick : complots, traques, mensonges et faux semblants.
Bons points : univers flyé, expérience JdR unique, campagne rapide de mon cru en 6 scénarios seulement
Moins bons points : système de jeu simpliste et « très très 90 », pour lesquels je ne me lancerais pas dans les changements, le background est déjà suffisamment demandant pour le MeuJeu.
 
Pour une fois, Manu ne pourra pas trop pourrir le travail du graphiste... ^^
Pour une fois, Manu ne pourra pas trop pourrir le travail du graphiste… ^^
LES CHRONIQUES DE MORNÉA
J’en n’ai pas fini avec cet univers, j’ai encore des histoires à raconter ! Quasiment toutes, en fait. L’arrêt de toutes les gammes m’a laissé sur les bras une quantité impressionnante de suppléments relativement finalisés, reposant sur un fluff cohérent.
Après la cata’ qu’a été l’adaptation DD4 de l’univers d’Alkemy, je refonde le tout tel que, moi, je le voulais initialement, loin des contraintes édito-commerciales.Pour cela, je m’appuie sur l’excellent système « Premiers Âges » qui a fait ses preuves sur la durée, en l’adaptant un peu, et qui favorise l’action épique et la transformation de quidams en puissants héros.
Pour ceux qui ne connaissent pas le monde de Mornéa : monde médiéval-fantastique atypique (ni elfes, ni nains, ni orcs, ni nécromanciens, ni morts-vivants) où vivent 4 peuples entre guerre et paix, dont l’enjeu est la possession des plus précieuses ressources de ce continent, les pierres alchimiques.
Ambiance : chronique épique Medfan, où des individus quelconques deviennent par la force des choses des célébrités, bonnes ou mauvaises selon leurs choix. La plupart des films medfan donnent le ton.
Je suis mal placé pour donner les bons points et les moins bons points ; dans cette dernière catégorie, disons tout de même que certains d’entre vous en ont sans doute marre du monde d’Alkemy et que cela risque de ne pas les tenter. D’un autre côté, je pense que cette mouture tiendra les promesses qu’aucun de ses prédécesseurs n’a été capable de tenir.
Comme c’est un monde à multiple facette (4 peuples, voire plus ; géopolitique bouleversés par des changements majeurs dont les PJ seront acteurs), ça se prête plutôt à une campagne à longue haleine. Mais je peux aussi recentrer le sujet sur une campagne courte de 5-6 scénarios (comme une « saison » d’une série TV) qui se concentreraient sur une facette du monde, avant d’envisager une suite ou non.
 
Comme toute bonne histoire, ça commence avec des dinosaures...
Comme toute bonne histoire, ça commence avec des dinosaures…
TORG : LA GUERRE DES RÉALITÉS
JdR multivers des années 90 : univers très bien pensé mais système en toc (brille beaucoup à la lecture, s’abîme vite à l’utilisation). Des « zones de réalité » changent brutalement à la surface du globe : l’Amérique du nord revient au temps des dinosaures, la France revient à l’obscurantisme religieux médiéval, le Royaume Uni et la Scandinavie deviennent terre médiévale fantastique, l’Indonésie bascule dans une ère victorienne terrorisée par d’épouvantables monstres, l’Égypte tombe sous la domination d’un pharaon fou bi-classé super-vilain de pulp et il ne se passe rien d’anormal – je répète : rien d’anormal ! – au Japon, où brillent les apports technologiques de la société Kanawa. Le reste du globe ? Il essaie de survivre et de comprendre ce qui se passe.
J’aurais le goût d’en faire une version plus « moderne », avec des Montréalais ordinaires qui voient leur quotidien soudainement balayé par le changement de réalité et qui décideraient ensemble de la conduite à tenir : qu’est ce qui se passe, que pouvons-nous faire, où devrions-nous aller ? Ambiance de film catastrophe/action. Si les joueurs le désirent, on pourrait aller progressivement à l’épique ou rester à l’échelle humaine.
Bons points : univers riche et cohérent, malgré l’aspect multivers. Concepts de PJ sans limites
avais commencé un bricolage dans ce sens. C
Comme c’est un également monde à multiple facette (7 à 8 réalités différentes, réparties partout sur la planète ; géopolitique bouleversés par des changements majeurs dont les PJ seront acteurs), je voyais plutôt une campagne longue, mais qui peut être modelées en saisons successives (voir plus haut, Mornéa).
 
2) La modalité des séances de jeu
 
Selon ce que préfèrent les joueurs, voilà ce que je proposerais :
  • En soir de semaine (vendredi ?), entre 21h et 23h50. Rassemblement prévu vers 20h30, pour que le premier dé puisse rouler à 21h tapante. Ce serait alors sur une fréquence rapprochée, une fois toutes les deux semaines ou une fois toutes les 4 semaines.
  • En fin de semaine, pour des séances plus longue (après midi, soirée, après-midi + soirée). Avec les impératifs familiaux, ce serait une fois toutes les 6 à 8 semaines.
Le lieu des séances est à déterminer avec les joueurs rassemblés, selon la mobilité et les obligations de chacun. On va faire au plus pratique.
La balle est dans votre camp : êtes-vous intéressé(e)s et, si oui, par quel jeu et selon quelle modalité de séances de jeu ? Et si vous connaissez des gens qui pourraient être intéressés, faites leur suivre l’information.

Eldritch Horror, une réussite

Maintenant que j’ai quelques parties d’Eldritch Horror sous la ceinture, mes impressions initiales se confirment. Plus léger que Mage Knight (mais moins stratégique et plus prompt à la chance), beaucoup plus fluide que son ancêtre Arkham Horror, c’est un jeu plus « narratif », plus sujet à la chance mais qui crée des situations mémorables au fil du jeu. Je vous parle pas de la fois où mon ex-cultiste repentie (Diane) a fait un pacte avec une entité … euh.. discutable, pour finir par sacrifier son collègue Silas (un Marsh) à des entité impies. Tout ça en deux tours, c’était mal parti. 😀

Une partie terminée, et pas à ma faveur. Special Guest Star: Cthulhu, en bas à droite du plateau.
Une partie terminée, et pas à ma faveur. Special Guest Star: Cthulhu, en bas à droite du plateau.

J’ai joué principalement en solo (avec deux investigateurs/personnages), et une fois ou deux avec des comparses – j’ai même convaincu ma femme de jouer, et elle a beaucoup aimé! Jusqu’à présent mon seul constat est que Yog Sothoth est un peu moins brütal que Cthulhu et Azathoth… pas encore mesuré à Shub-Niggurath, il paraît qu’il met des monstres partout…

Il y a un gars qui a commencé à compiler des statistiques, vous pouvez voir ici. C’est beau Internet.

Cocktail des fêtes: le [Red and] White Russian

Petite recette pour le temps des fêtes, une petite recette de ma découverte, testée et éprouvée par votre humble serviteur.

[Red and] White Russian

2 parts Vodka
2 parts Kahlùa
4 parts de Lait de Poule/Egg Nog

Servir dans un verre « Old Fashioned », mettez un gros glaçon, la Vodka et le Kahlùa et « spinnez » ça un peu avec votre doigt (que vous licherez après). Verser tranquillement le Egg Nog sur le dessus (sur le dos d’une cuiller c’est encore mieux). Sacrez un batonnet de canelle là-dedans si vous voulez faire fancy, et servez ça plus en « café-dessert », ou faites en shooters pour des fins de soirée style « bec sucré ».

Cote Alex: 1d20, +5 si vous avez la dent sucrée, +10 si vous avez une moustache (genre un leftover de Movember) pour déguster avec l’air satisfait du Big Lebowski et l’essuyer avec votre lèvre d’en bas après, -15 si vous ne buvez pas d’alcool (mais si vous calculez un peu même avec -15 vous pourriez aimer ça pareil… 😉 )

Qu’est-ce que le bitcoin? L’explication à Alex. (2e partie)

J’ai fait mon « tease » avec la première partie de cet article, laissant plusieurs « morceaux croustillants » en suspens. Je me rachète derechef.

(À la une en ce moment: la Chine a décidé de bannir le bitcoin, ce qui a beaucoup affecté sa valeur – voir au bas de l’article pour ce que ça change à la situation… en un mot, rien. 😀 )

C’est bien fucké ça… mais qui a bien pu penser à ça?

On l’ignore. Tout ce qu’on sait, c’est que le « white-paper » (la « spécification ») du bitcoin a été

Un portrait présumé de Satoshi… c’est moi ou il a l’air un personnages de Mortal Kombat?

publiée en 2009 par un certain Satoshi Nakamoto, dont le nom est un équivalent japonais de « Jean Tremblay » ou « Bill Smith ». Il pourrait en fait ne pas s’agir d’une seule personne, et il pourrait ne pas être japonais; pas moyen de savoir, personne ne l’a rencontré et il a carrément disparu d’Internet en 2011. On murmure même qu’il pourrait s’agir de la NSA, ou que ce serait la réincarnation libertarienne vengeresse de Charlton Heston. Pourquoi il a fait ça? Probablement pour se remplir les poches (les arguments sont probants), mais reste le phénomène a évolué en un « service monétaire » qui dépasse le simple Ponzi Scheme.

C’est lui qui a émis le premier « maillon » de la chaîne des transactions, qui est une transaction « spéciale » (unique et non-reproductible) déclarée tout simplement comme établissant l’existence de 50 BTC. La validation de cette transaction a généré d’autres bitcoins (voir plus loin), qui ont généré d’autres transactions, et ainsi de suite jusqu’à aujourd’hui. Et vlan: Bitcoin-o-génèse.

Particularités? Dangers? Écueils? No $hit.

Évidemment. Une nouvelle application technologique voit le jour; Comporte-t-elle des risques? Ben devinez quoi, on trouvé une nouvelle façon de faire les même crimes que depuis des millénaires. 😀

  • Encore mon vainqueur.

    Le vol de bitcoin. Comment voler des bitcoins? Il faut faire comme tout bon Gigolo et cibler le porte-monnaie directement. La principale vulnérabilité est le fichier chiffré contenant les bitcoins (et/ou les mots de passe qui le protègent, éventuellement). Ça se fait généralement sur l’ordinateur lui-même avec des virus, du hameçonnage et autres cochonneries. Pas bien bien compliqué: on cible le fichier porte-monnaie qui contient les bitcoins. On n’a ensuite qu’à transférer les bitcoin à une adresse à soi… anonyme bien sûr. 😀

  • Le minage illégal. Si l’ancien « Graal » des malfaiteurs et tenanciers de botnets  était l’envoi de spam illégal, il s’est clairement fait déclasser par le mining (beaucoup plus payant). Donc, la prochaine fois que vous visiterez cliquerez sur un fichier de blagues avec des photos de chats envoyé par votre cousine, il y a fort à parier que votre ordinateur sera recruté comme « Zombie » pour miner des bitcoins pour un quelconque moldave dans le besoin. Si vous êtes capables de griller des guimauves sur votre ventilateur de boîtier, c’est mauvais signe.
  • Le problème moral et l’économie parallèle. Si vous cherchez des clients potentiels pour une monnaie intraçable et anonyme, vous ne ferez pas longtemps avant de tomber sur du sexe, la drogue et du rock’n’roll. Bitcoin a une capitalisation entre 11 et 15 milliards de $US, et si vous pensez que cet argent ne provient que de la vente de cure-dents, j’ai un pont à vous vendre pas cher (Non, sans blague… le Pont Champlain vaut vraiment pas cher…). Ça donne lieu à des utilisation comme le site de marché Silk Road qui se spécialise en commerce illégal (drogues, armes, etc.). Il n’était accessible que via un « Internet anonyme parallèle » nommé Tor, mais a été fermé plus tôt cette année. En passant, il y a évidemment des théories voulant qu’il y aie des liens entre l’ex-tenancier de Silk Road et Satoshi Nakamoto. 😉
  • L’effondrement du système. Ça pourrait arriver. Il est possible que le système de Bitcoin possède des failles qu’on ne réalisera que plus tard, rendant la copie de bitcoins possible ou les transactions non-sécuritaires. Aussi possible bien que moins probable est l’effondrement des algorithmes cryptographiques « en arrière », qui garantissent l’unicité et le propriétaire de la monnaie. Disons que si ça arrive, on va avoir beaucoup d’autres chats à fouetter, à commencer par les transactions par Internet avec votre institution bancaire qui ne seront plus sécuritaires du tout. Vous ne pourrez même plus acheter de « My Little Pony Collector’s Edition » sur eBay.

Le trait de génie: vous l’aviez pas vue venir celle-là

Mais si tout le monde se met au bitcoin, est-ce que le nombre de BTC ne va pas carrément exploser à force que tout le monde fasse marcher ses cartes vidéo Nvidia et ses ATI à plein régime? Ben non, justement, le système utilise deux astuces impressionnantes pour éviter ça.

Premièrement, la quantité de bitcoins pouvant exister est finie: 25 BTC sont émis à chaques 10 minute depuis 2009, et le rythme d’émission qui est divisé par deux tous les 4 ans. On sait déjà qu’à terme il y aura un maximum de 21 millions de bitcoins en 2140. Pas un de plus.

Ensuite, je vous parlais qu’un bitcoin est une « solution », mais cette « solution », c’est la solution à quoi? C’est la solution à la validation des transactions précédentes. Les participants ont donc un incitatif à faire de la validation des transferts de bitcoin, puisque c’est comme ça qu’on en génère. Et le plus beau, c’est que plus il y a de transferts qui se font, plus les validations sont difficiles et coûteuses, ce qui fait en sorte de rendre plus difficile/coûteux la génération de bitcoins, mettant ainsi une pression à la baisse sur la quantité produite, et ainsi de suite.

Relisez lentemant ce qui précède, prenez une gorgée de café et pensez-y bien: ce n’est rien moins que génial.

Au final?

Au final, ce type de monnaie est là pour rester, peu importe ce qu’en disent les banques et les Baby-Boomers. Je n’ai même pas touché certaines propriétés hyper-intéressantes comme les « Contrats BitCoin », qui pourraient révolutionner la fiducie ou l’assurance, mais sachez qu’on n’est pas au bout de nos surprises avec ce type d’usage libéral des mathématiques.

Bruce Schneier, c’est le Chuck Norris des geeks de crypto comme moi.

Je m’attends à ce que, comme Napster dans les années ’90, BitCoin (avec des majuscules cette fois: « l’entreprise » au sens large) s’effondre par vertu d’avoir été la première monnaie cryptographique sérieuse. Il y a déjà une légion de monnaies similaires, appellées « Alt-Coins », qui a vu le jour sur le même principe: les Litecoin, Feathercoin, Dogecoin, etc. Certaines ont des concepts intéressant (Litecoin offre une meilleure « proof-of-work », i.e. la quantité de travail requise pour en générer et un peu plus fiable), mais beaucoup sont probablement des GetRichQuick.com .

D’ici-là faites vous à l’idée de payer avec des portefeuilles virtuels 😉 Évidemment, une banque va finir par en sortir une, et peut-être que la promesse de la « monnaie électronique » (tsé celle qui ne dépend pas d’une carte de crédit en ligne …*keuf*Paypal*keuf) sera enfin remplie, quelques décennies après ce flop monumental qu’a été Mondex.

Je prend commentaires et questions, mais pas avant de vous avoir référé à un excellent article sur le sujet, qui a lui-même été référé par Bruce.

This just in! La Chine bannit les bitcoins! … et ne change rien.

Ce que la Chine a fait est de bannir les institutions de faire des transactions en bitcoin, ce qui complique la vie mais n’est pas un « arrêt de mort » en soi, un des avantages de cette monnaie étant justement que les échanges se font souvent directement entre les individus: j’envoie 0.25BTC à Bill, qui me donne 100$. Étant un pays d’opportunités (et donc avec beaucoup de chinois qui s’étaient lancés dans le bitcoin mining), ça a « cassé » le prix en deux, mais il faut se souvenir qu’en partant celui-ci était probablement dans une « bulle spéculative » et était exagéré.

 

Remarquez, c’est peut-être là le « Waterloo du Bitcoin » dont je parle un peu plus haut, mais ça ne stoppera pas le principe de la monnaie électronique… ce génie-là voudra pas rentrer dans la bouteille 😉

Qu’est-ce que le bitcoin? L’explication à Alex. (1ère partie)

Vous aurez entendu parler de Bitcoin, que ce soit parce que le Congrès américain regarde ça de bitcoinprès, qu’il y a eu une flambée de son prix en peu de temps ou parce que ça peut servir à se faire livrer du crack sur le pas de sa porte (ne le dites surtout à aucun maire torontois!). C’est une « Cryptomonnaie » (Cryptocurrency), une monnaie « virtuelle », et dépendemment d’à qui vous demandez, c’est l’Antéchrist ou Jésus-Christ-une-bière-à-la-main. Mais qu’en est-il vraiment? Ou encore: De Kessé calvince?

Vu que c’est un enfant-Frankenstein entre technologie et cryptographie, je vais tenter de vous exposer ça de mon mieux.

C’est quoi un bitcoin?

Un Sudoku, tu le travaille en maudit, c’est vrai que c’est chiant. Je ne blague pas en utilisant cet exemple, c,est un problème typique de crypto (NP-Complet)

Imaginez que vous laissez traîner un bloc-notes de « Sudoku du jour » sur la table de la cafétéria de votre job, et qu’il est décidé que celui ou celle qui résous un Sudoku a droit à un bon p’tit cappuccino avec de la cannelle dessus, comme ça gratos sur le bras.

Vous passez un bon bout de temps (pendant vos pauses, hein!) à résoudre des Sudoku. Quand vous les avez complétés en entier, vous les signez et les épinglez sur le babillard de la cafétéria à votre bureau, comme ça tout le monde peut valider que ces Sudoku-là précisément (uniques, donc) sont « résolus », que c’est vous qui les avez résolus et donc qu’il vous appartiennent. [Comiquement, rien ne vous empêche d’engager des gens à Bengalore pour vous résoudre du Sudoku à faible prix, mais j’y reviendrai 🙂 ]

Hummmm…. cappuccino….

Ce Sudoku, à toutes fins pratiques, est une monnaie: Il est unique, les gens peuvent attester qu’il est à vous à cause de la signature. Plus que ça, il est tout à fait possible de transférer le Sudoku résolu à un collègue en marquant « Alex donne ce Sudoku à Simon – (signé Alex) ». Plus que ça, si un moment donné Alex doit rembourser à Simon autre chose, il est tout à fait possible de le payer « en Sudoku », par exemple « Je te donne 5 Sudoku pour le lunch à midi ». Vous aurez au passage remarqué que le capuccino a été évacué de l’équation.

Voilà, vous avez grosso modo le principe des bitcoins: ce sont des « solutions unique à un problème », qu’on a travaillé pour obtenir, non-reproductible, appartenant à des gens et pouvant être transférés. Vous avez une monnaie, finalement.

Euh… et ça vaut QUOI, exactemement?

Quand l'argent vaut moins que le balais...
Quand l’argent vaut moins que le balais…

À la base, un bitcoin ne vaut rien. En fait, pas tout à fait vrai… il vaut au minimum le prix de l’équipement qui l’a calculé/produit, plus l’électricité que ça a pris, et tiens tant qu’à faire le temps/expertise que ça prenait pour configurer tout ça. C’est pas tellement différent de la monnaie gouvernementale: quand vous avez un 5$ (tsé les nouveaux en en plastique-polymère, qui semblent-ils cassent à -30), vous ne possédez pas vraiment un morceau de chaise de la Chambre des Communes: c’est une valeur arbitraire (fiat). Et si le gouvernement se mettait à imprimer de l’argent en fou, il ne vaudrait plus rien; la rareté contrôlée est hyper-importante. La rareté, la « facilité d’utilisation », que cette monnaie soit acceptée à beaucoup d’endroit, et dans une certaine mesures d’autres « features » de la monnaie comme l’anonymat et la non-dépendance sur les banques font aussi partie de la valeur d’une monnaie numérique.

Le bitcoin (abrégé BTC), comme toute les autres monnaies est sujet à l’offre et la demande; Alors aujourd’hui l’offre est de 699$ pour 1 BTC, et demain elle sera du double ou de la moitié (qui sait?).

Le bitcoin, animal particulier

Vous avez probablement entendu que c’était une monnaie de criminels, de terroristes ou de parti politique. C’est probablement vrai, surtout dû à ces deux caractéristiques:

  • Le bitcoin est décentralisé. Oui. Moi qui vous ai déjà dit que les geeks menaient le monde, vous en avez maintenant une preuve tangible: aucune banque, gouvernement ou institution n’est nécessaire à l’échange/production de bitcoins. Ça vous prend un geek pour vous expliquer comment. C’est du « proprio direct », où les transactions sont validées par « la communauté » (je reviens plus tard sur le « comment »). Et ça marche. Pas surprenant que les gouvernements cherchent à trouver comment taxer tout ça (parce qu’il faudra pas s’gêner quand même…)
  • Le bitcoin est anonyme. Un demi morceau de robot pour celui-là. Techniquement c’est absolument vrai que n’importe qui peut se créer un « porte-monnaie », qui peut « contenir » des bitcoins, sans la moindre identification. Personne ne saura donc que l’adresse bitcoin XYZ est en fait « Alex », mais si on suit les transactions de cette addresse, on va bien finir par se rendre compte que les paiements de cette addresse ont acheté un certificat SSL pour chezalex.net, ou ont commandé des My Little Poney de collection sur eBay (My  Little Poney, comment vous résister?).

Le « bitcoin mining »: là où naissent les bitcoins

« Découvrir » un bitcoin s’appelle le « miner » (comme dans « mine d’amiante »). À peu de choses près ça consiste à faire tourner un programme sur un ordiateur avec un peu de « punch » (généralement une bonne carte graphique) pour « solutionner » des bitcoins. Une fois qu’il est « découvert », il est assigné à une adresse dans un porte-monnaie, qui n’est ni plus ni moins qu’un fichier chiffré dont le propriétaire connaît le mot de passe. C’est lui qui « contient » les preuves de l’appartenance du bitcoin.

Vous pouvez essayer (l’exercice n’est pas inintéressant, googlez), mais avec les hausses récentes de prix, l’environnement est rendu tellement compétitif qu’il n’est pas très payant de se lancer dans le minage de bitcoins. Pourquoi c’est plus dur quand il y a plus de monde? Ah, je vous garde ce trait de génie pour la 2e partie…

À la, à la, à la queue leu-leu…

Un élément important du bitcoin est un énorme registre de TOUTES les transactions de bitcoin depuis le tout début, qu’il est nécessaire d’avoir en entiersi on veut transiger des bitcoin. On appelle ça la « block chain ». Oui, TOUTES les transactions qui ont jamais été faites avec des Bitcoins doivent être téléchargées (~12GB en date de décembre 2013), c’est l’une des seule façons de vérifier à qui appartient un bitcoin donné (à quel « porte-monnaie » en fait), et conséquemment si il peut vous le donner!

Qu’est-ce qu’on fait avec un bitcoin.

Ben… ce qu’on fait d’habitude avec une monnaie: on paye des choses. Faire un paiement en bitcoin est très simple: il suffit d’abord 1) d’en posséder suffisamment, et de 2) publier (« mettre sur le babillard ») qu’on le donne à un autre « porte-monnaie » (une addresse ressemblant à 1dice7W2BicHosf5EL3GFDUVga7TgtPFn). Ça prend moins de 20 minutes et le transfert se fait. Fait à noter, le bitcoin est divisible jusqu’en unités de 0,00000001, alors vendre/acheter 0,000311BTC est tout à fait normal, surtout pour s’acheter un café avec un bitcoin qui vaut 900$.

On peut aussi (et parfois surtout si on veut seulement spéculer) le « liquider » contre argent sonnant et trébuchant, mais les façons de faire sont rarement très claires ou très faciles, et impliquent des stratagèmes sympathique comme les MoneyGram ou des rencontres dans un McDonald’s. Disons que Revenu Canada veille au grain.

Mais… y’a pas de problèmes alors?

Quoi? On vient d’inventer une nouvelle devise ésotérique sur des plateformes technologiques pas toujours stables, et qui a eu un « boum » de valeur incroyable en peu de temps? Mais que diantre pourrait bien mal tourner? 😉

Évidemment, une tonne de choses, mais je vais être « snoreau » et garder mon bout préféré pour le prochain article: tout ce qui peut mal tourner avec le bitoin et les crypto-monnaies. Et il y en a. Je prend questions et commentaires d’ici là!

Update: 2e partie!