Pandemic Legacy: un GRAND jeu, un jeu historique.

pandemiclegacy
Disponible chez tous les bons virologues.

Oui, il m’est déjà arrivé de faire dans l’hyperbole (qui, je le rappelle, n’est pas un super-héros avec de bons résultats scolaires), mais croyez-moi il y aura un « Avant » et un « Après » Pandemic Legacy ». Déjà, c’est l’un des jeux qui m’a fait vivre le plus d’émotions « pures » de tous ceux auxquels j’ai joué. Juste ça lui vaut d’emblée mon meilleur jeu de 2015 et un spot dans mon top 5 à vie, mais lisez ce qui suit si vous voulez comprendre toute l’ambition de cette boîte de carton pas particulièrement économique (~80$), qu’il faut d’ailleurs que je mette aux poubelles (recyclage, bon) parce qu’elle ne me sert plus à rien.

L’avertissement est obligatoire: le jeu a une « storyline », et je ne vais (presque) rien en dévoiler (« spoiler »), mais tout ce qu’il est possible de voir/déduire à l’ouverture de la boîte d’après les composantes est « fair game », avertissement aux puristes qui voudraient se réserver entièrement la surprise. La partie se dévoile comme une effeuilleuse gênée, un morceau à la fois.

Continuer la lecture de Pandemic Legacy: un GRAND jeu, un jeu historique.

Ashes Rise of the Phoenixborn: le gars y’était tanné de Magic

Avertissement: Y’a peut-être un ou deux termes qui vous seront rébarbatifs si vous avez jamais joué à Magic de votre vie, désolé d’avance.

Facque une fois c’t’un gars.

Une boîte bien pleine, avec des couleurs chatoyantes qui attirent le regard.
Une boîte bien pleine, avec des couleurs chatoyantes qui attirent le regard.

Le gars, il s’est dit: Moi j’aime ça les jeux de cartes où deux entités puissantes s’affrontent dans un duel à mort en invoquant des pouvoirs déments et des créatures fantastiques… Tsé, ce genre de jeu-là. Comme Magic, Netrunner ou Doomtown. Mais je joue plus vraiment.

Il a raison au fond: c’est pas neuf comme jeu, mais ça reste le fun ces affaires-là. Ce gars-là, c’est Isaac Vega et il vient tout juste de publier « Ashes: Rise of the Phoenixborn » chez Plaid Hat Games maintenant part du multi-conglomérat montréalais (!) F2Z. Continuer la lecture de Ashes Rise of the Phoenixborn: le gars y’était tanné de Magic

Sons of Anarchy: peut-on mourir d’une overdose de thème?

Si vous êtes comme moi, si un jeu de société ou un jeu vidéo est sous licence d’un film, d’une série ou d’une franchise, c’est louche en partant. Il y a des « bof » comme Star Trek: Expeditions mais aussi des jeux incroyables comme Battlestar Galactica, X-Wing ou Firefly (édité par Gale Force 9)

Mais vous est-il jamais passé par la tête qu’à l’inverse, une licence pouvait tuer un bon jeu? C’est clairement ce qui s’est passé avec Sons of Anarchy (aussi édité par GF9), définitivement l’un de mes coups de coeurs de 2015 (ex-aequo avec l’excellentissîme Codenames, probablement mon prochain review).

Comment est-ce possible? Je vous explique ça…

Continuer la lecture de Sons of Anarchy: peut-on mourir d’une overdose de thème?

Les jeux coop, c’est comme le « H » de Hawaii

Ça sert à rien.

Pourtant, les jeux coops sont vraiment à la mode (et tendance).

« If winning isn’t everything, why do they keep score? » – Vince Lombardi

Posons deux hypothèses simplistes mais efficaces sur le jeu de société : A) on y joue pour faire face à un « challenge » (jeu) et B) pour y jouer avec d’autres gens (de société). Deux cas de figure s’imposent lors d’un jeu coop:

  1. Je ne suis pas le meilleur pour jouer au jeu (C’est généralement le cas): Alors si on veut surmonter le challenge avec satisfaction, je devrais normalement suivre les recommandations du meilleur joueur, son plan et ses stratégies. Peut-être faire quelques suggestions, mais s’il les juge moins bonnes que les siennes, elles le sont probablement. Alors la question qui tue est : À quoi je sers au juste? Pourquoi je joue?
  2. Je suis le meilleur joueur (juste vrai à 52-ramasse). Pourquoi le groupe ne suivrait-il pas mon plan, pour toutes les excellentes raisons détaillées ci-dessus? Ce sont alors eux qui s’emmerdent en se demandant pourquoi ils jouent.

Je vous laisse vous imaginer l’ambiance du groupe si plusieurs personnes sont persuadées d’être le meilleur joueur autour de la table (Plaisir garanti). Ça rajoute aussi juste un peu de sel sur la plaie de tout le monde quand on décide de ne pas suivre le plan du « meneur » et que ça foire. Continuer la lecture de Les jeux coop, c’est comme le « H » de Hawaii

XCOM: Je viens en paix

Après mes impressions initiales, j’ai pu m’asseoir avec d’autres comparses et passer à travers une partie complète de XCOM. Est-ce que c’est l’fun? Oui. Est-ce que c’est le jeu de l’année? Même pas proche, même que certains travers ressortent beaucoup et lui donnent un air « d’occasion manquée ». Mais ça risque quand même de passer à l’histoire, faut que je vous explique ça.

1 Blank Blank Blank
La mécanique de jet est assez palpitante malgré tout… on est tous là à crier quand le Squad Leader ou le Scientifique roulent leurs dés, et des résultats comme celui-ci, i.e. « J’ai déployé plein de braves soldats, ils sont tous morts et ça n’a rien donné », sont fréquents.

Déjà, vous pouvez mettre ça sur le compte que je sois mauvais perdant: une partie s’est soldée par un échec lorsque deux continents ont sombré dans la panique, juste avant de pouvoir réussir la mission finale. En rétrospective, On a « busté » notre budget une seule fois, ça a fait TRÈS mal et nous a mis un continent en solide panique (mais ne pas mettre les intercepteurs nous aurait peut-être fait paniquer aussi?)

Gros point positif: le temps de setup/tear down est très rapide.
Gros point positif: le temps de setup/tear down est très rapide.

Autre symptôme similaire à Space Alert: quand tu finis de jouer, tu es É-PUI-SÉ. Tout le stress et de feu roulant de nouvelles menaces, de réflexions et de coordination intense avec tes coéquipiers « NON! T’as un soldat de trop ». Ce ne sont pas tous les joueurs qui vont aimer ça. On se plaint parfois dans les jeux coopératifs du syndrôme du « Alpha Player » (où un joueur dicte la stratégie à l’équipe) et c’est vrai que la nature « frénétique » de la minuterie diminue beaucoup cet effet, mais je soupçonne que ça rend le jeu de beaucoup moins agréable à ces joueurs, justement (à savoir si ça le rend plus agréable aux autres, je laisserai la question ouverte).

Vigilo Confido, et patati et patata … toutes les icônes qui vont bien sont là, rassurantes. Les types d’Alien, les armures « space marine » démesurées…

Le reste c’est des broutilles… le fait qu’il faille très bien connaître les cartes de technologies pour espérer faire une stratégie, une certaine « routine » au bout de quelques tours, une petite impression que les 4 rôles ne sont pas entièrement équivalents (alternez!). Le jeu tombe dans un genre de « no man’s land » un peu inconfortable, mais on peut en déduire les faits suivants:

  • C’est pas parce que vous aimez XCOM que vous allez automatiquement aimer le board game.
  • Vous avez moins de chances d’aimer le board game si vous n’aimez pas XCOM: le fait que les ennemis « matchent » avec ceux du jeu, tout le graphisme en turquoise/orange fait que ça « pèse sur ces boutons-là ».
  • Il est tout à fait possible d’aimer XCOM quand même, mais c’est un animal un peu étrange.
Je pense qu’ils voulaient « prouver leur point », que l’App pouvait tout faire, que c’était l’avenir. Un beau cas de bébé jeté avec l’eau du bain, si vous me demandez…

Pendant qu’on en parle: avoir « l’application en tant que manuel », ça ne marche juste pas. Le tutoriel fonctionne bien pour enseigner le jeu, mais après c’est dans toutes les questions plus « pointues » qu’un bon manuel avec quelques exemples de jeu aurait fait beaucoup de bien. C’est juste sloppy de ne pas avoir au moins produit un manuel en PDF, la bonne nouvelle c’est que s’ils se ratrappent ils vont pouvoir facilement le « publier » dans l’App elle-même. N’y comptez pas trop.

AI pour « Alien Invasion »? Acceptation Imminante? Atrocité Immanante? Qui sait…

Tant qu’à être sur le sujet de l’App, je pense que comme on se souviendra de House of Cards comme de « la première grande série Web », on se souviendra de XCOM comme étant l’application qui a « publicisé le maître de jeu sur numérique » la première, même si ce ne sera probablement pas la plus mémorable. Pour XCOM, elle fait quelques trucs intéressants, comme varier le plan d’invasion, et surtout mélanger l’ordre des phases de jeu quand il y a trop d’UFO en orbite, ce qui est génial. Je regarde le principe, et les applications pratiques sont aussi nombreuses… on peut penser effectivement à certains « tutoriels interactifs » pour des jeux plus complexes, qu’à la  un « Overlord artificiel » pour jouer en solitaire à Imperial Assault? Il ne fait aucun doute que s’il était publié aujourd’hui, Space Alert serait publié avec son App plutôt qu’un CD Audio.