J’ai l’impression de faire un deal de drogue

Je reçois des colis étrangers par la poste, et y’a des gens qui vont venir chez moi chercher des petits sachets et me donner de l’argent pour (probablement cash, peut-être même dans une enveloppe brune). J’espère que mes voisins ne sont pas trop paranos…

J’ai aussi terminé une « première passe » pour les règles du DreadPuck, ainsi qu’un pitch « utilisable » pour une partie. Tout cela n’est que théorique bien sûr, et surtout quelque chose à faire pendant que le Canadien se fait passer à tabac par du monde de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

DreadPuck Version 1

Dreadpuck?

J’aime le hockey… j’aime la vitesse du jeu, j’aime l’habileté des joueurs, sa robustesse bien sûr, le fait que la patinoire ne prend pas 10 minutes à traverser, et que les parties ne finissent pas 1-0. Je déplore par contre le fait que les jeux de plateau de hockey sont quasi-universellement merdiques.

Un peu comme se faire planter dans la bande

J’avais essayé momentanément de « convertir » le vénérable jeu de ligue Blood Bowl en jeu de hockey. D’autre aussi ont essayé, mais force m’est d’admettre que ça ne marchait pas, trop de concepts étrangers: devoir choisir entre bouger OU frapper, les passes très « american football » et rares, les points qui se scorent en entrant dans une Zone, etc. Bref, rien à faire, c’était comme faire fitter Amir Khadir dans un déjeuner de financement de la CAQ.

Arrive DreadBall.

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La Soirée du Dreadball à Holo-Canada

HIer soir, trois gameurs poilus et invétérés aux crocs allongés et deux vertes recrues innocentes des joies du gaming se sont retouvés chez moi pour genre de « tournoi d’introduction » à Dreadball.

« Dreadball? », dites-vous d’un air dubitatif, bien conscient que j’allais inévitablement vous faire l’explication de toute manière? « Bien sûr, Dreadball… le jeu de ligue sportive futuriste et violente! », rétorquai-je d’un même souffle. C’est celui qui a fait l’objet d’une campagne assez réussie de Kickstarter à l’automne dernier, leur but assumé mais pas avoué étant d’aller chercher l’argent de tous les fans de Blood Bowl frustrés de voir leur jeu préféré « manquer d’amour » de Games Workshop dans les dernières années.

Dreadball

À la suite de quelques parties, quelques constats s’imposent à propos de ce « new kid on the block » qu’est DB.

Premier constat: le jeu n’est pas encore tout à fait au point. Il livre allègrement la marchandise sur certaines promesses:

  • Le temps de jeu qui se tient autour d’1h-1h15 une fois habitué (quoiqu’en dise Manu),
  • Les règles sont assez consistantes et simples: la formule des jets est toujours la même, et même la formule pour les blessures et pénalités est bien ficelée.
  • Les figurines et le jeu ont de la classe une fois sur la table, et les équipes sont variées autant dans leurs statistiques que dans leurs façons de jouer.

… mais arrive un peu « short » sur d’autres promesses importantes:

  • L’offensive est largement prédominante par rapport à la défensive. Monter un jeu offensif efficace pour aller scorer est satisfaisant, mais bien positionner une défensive l’est beaucoup moins, les choix sont moins tactiques.
  • Ce n’était pas criant hier, mais les équipes ne sont pas tout à fait balancées jusqu’à présent: les équipes de la Corporation et des Veer-Myn (hommes-rats) ont un avantage en étant très offensives et capable de marquer en un seul tour assez facilement.
  • Certaines règles sont vraiment juste stupides et devront être révisées ASAP (ou « house-ruled »)… oui,oui, c’est toi que je regarde, règle qui fait qu’un Jack oublié sur la ligne de mêlée te fait perdre un tour automatiquement.
  • Beaucoup de morts, peu de revenus (et des revenus très aléatoires). À la longues certaines équipes vont être vraiment décimées, et pas sûr que ce soit hilarant.

Second constat, l’apprentissage: Il s’apprend très bien et vite au niveau des règles, mais une certaine « vétérance » avec les jeux de plateau (idéalement du style de Blood Bowl) est requise pour vraiment embarquer de plain pied dedans. Des trois « amateurs » à qui j’ai montré le jeu (certains étant quand même des boardgamers aguerris), la question qui illustre tout ça étant « Bon, je fais quoi, moi? » au début d’un tour.

.Les « pros », eux, les poilus du Blood Bowl, n’avaient aucun mal à échafauder leurs plans.

Conclusion de tout ça? Je suis toujours convaincu que le jeu a du potentiel, et même du potentiel à long terme, mais pour ça il faudra au moins une ou deux « réécritures sérieuses » des règles pour re-balancer et ajouter des options tactiques défensives, sans pour autant briser et complexifier le jeu, ce qui lui ferait perdre tout son attrait. Pas facile.

Les équipes de Saison 2 (Humaines, Zz’or – insectoïdes, robots transformeurs et Judwans – qui n’ont que des Strikers) sont dûes d’ici juin, et forcément avec une mise à jour des règles. On pourra alors voir la capacité de Mantic/Jake Thornton (le designer) à s’adapter. S’ils ne s’adaptent pas, il est intéressant de noter que les semailles d’une communauté assez vivante semblent avoir été semées avec les 2500 « backers » du Kickstarter, alors rien n’empêcherait les choses d’évoluer tout de même. Qui vivra verra!