JEU EN LIGNE : FIN DE SERVICE, MERCI POUR TOUT ET PLUS RIEN POUR VOUS

Permettez-moi cet article un peu inhabituel et sans doute peu illustré (par esthétisme, je rajouterais sans doute ce soir quelques hackers à cagoule, qu’Alex affectionne tant…). J’ai appris ce matin une nouvelle qui m’a donné, pour reprendre l’expression consacrée omniprésentes dans les média ces jours-ci, une gueule de bois de lendemain de fête. Cette nouvelle est pourtant des plus futiles : Gamevil annonce la cessation de service de son jeu Spirit Stones, qui ne sera plus opérationnel fin juillet. Cette nouvelle me pose un problème immédiat, mais provoque aussi chez moi des réflexions plus poussées : je me propose de partager l’un et l’autre avec vous (après tout, c’est vous qui choisissez de lire ceci… alors partageons).

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2015 et encore tant de préjugés sur les geeks

Si les oiseaux se cachent pour mourir, les geeks, eux, se cachent pour jouer. Quoi qu’on en dise, même en 2015 ça reste quand même un sacré stigmate que d’être Geek, et c’est bien dommage. Les choses ont bien sûr quand même changé, depuis 10-15 ans surtout: il y a maintenant des émissions de télévision et même des canaux entiers sur les jeux vidéo (mais les M.Net ferment malgré tout leurs portes), la moyenne d’âge des joueurs est remontée au point où les « gamers » moyens ont des enfants et une hypothèque (oui, on a des vies amoureuses aussi), on a des festivals comme Montréal Joue, et les films comme X-Men et Guardians of the Galaxy ont obtenu un succès assez populaire pour que les gens différencient Wolverine et Groot (hint: celui avec les branches c’est Groot.)

Un jour faudra m’expliquer pourquoi c’est pas considéré comme un chef d’oeuvre, ça, autant pour le sculpteur que pour le peintre.

Mais dès qu’on tombe dans le « sérieux », au travail, suffit de mentionner que tu a des hobbys comme les jeux de société (« tu joues encore à ton âge? » 😉 ), les jeux vidéos (plus que juste Candy Crush, là), la peinture de figurine, les jeux de rôles ou le fait que tu te costumes pour une convention, et c’est inévitable, tu essuies bien souvent un gros jugement bien sale en pleine face (« Maudit nerd! »). Quelque part, peindre des figurines rime toujours avec « immaturité » (alors que peindre des tableaux passe pour « classe et recherché »?). Jouer au Poker c’est cool, mais jouer à Skulls&Roses ou The Resistance (deux excellent jeux de bluff) ça passe « drôle ». Pas trop sûr non plus pourquoi un pool de hockey c’est OK, mais pas tenir une ligue de Blood Bowl ou X-Wing. Et je ne vous parle même pas d’admettre que tu joues à des jeux de rôles (i.e. Donjons et Dragons), là on est carrément dans le suicide professionnel.

Remarquez, je suis plutôt choyé dans mon milieu de travail (j’y ai même corrompu quelques collègues) et il y a toujours les milieux créatifs, mais vous seriez quand même surpris du conservatisme qu’on y retrouve aussi parfois. Combien de geeks « prennent leur trou » pour éviter d’essuyer les railleries des collègues? Alors on garde un profil bas; lorsque je joue à des jeux de société sur mon heure de lunch, j’essaie dans la mesure du possible de choisir une salle de conférence « hors de vue des passants », au cas où un vice-président passerait par là et me voyait en train de (horreur!) avoir du plaisir sur les lieux de travail.

« Quand vous aurez fini de jouer aux cartes là-dedans, on a du travail à faire, nous. « 

– Entendu dans un emploi précédent lors d’une session de Planning Poker .

Les entreprises sont schizophrènes sur le sujet: malgré ce que proclame le milieu du travail, ils ne sont pas particulièrement intéressés à engager et garder les gens créatifs, ludiques, joueurs, geeks ou peu importe les autres sobriquets ou leur donner des rôles de direction. Les vraies valeurs au travail sont de facto moins progressistes que les compagnies ne le laissent entendre. C’est un peu attendu.

Il existe un trésor, une richesse qui dort…

Pourtant, tout ce qui tourne autour des univers geek, de la science-fiction, de ses jeux, de la littérature qui lui est propre et de sa culture a été montré maintes et maintes fois comme étant formateur, socialement riche et intellectuellement stimulant. En gros: ça rend plusse mieux, surtout au travail.

Traduction libre: « Tout ce qu’il faut vraiment savoir, je l’ai appris en jouant à D&D ».

Je le dis, je l’ai souvent dit: si je sais aujourd’hui animer une réunion professionnelle sans broncher, c’est que j’ai appris à animer une table de Donjons  & Dragons dès l’âge de 10 ans. Si je sais donner des conférences avec une certaine aisance c’est que j’ai fait des discours-fleuves improvisés dans la peau d’un monarque vampirique fou devant d’autres fêlés costumés comme moi lors de soirées de théâtres interactifs (LARPs, oui je suis weird de même 😀 ). Si j’aime « sortir des sentiers battus » pour trouver des solutions à divers problèmes, c’est que j’ai été immergé de tant de façons différentes dans la résolution de problèmes par des centaines de jeux de sociétés, jeux vidéos et autres puzzles tous plus uniques et tordus les uns que les autres, que c’est devenu une seconde nature d’essayer de « trouver la twist ».

Et je ne suis pas le seul, tous les bizarres et les étranges et les « marginaux » de votre compagnie ont une mine de talents précieux à mettre à profit. C’est une perte sèche au nom d’une certaine rectitude pas toujours justifiée.

Peut-être qu’il faudrait se partir une société secrète

Ce serait « G » pour « Geeks les bienvenus »?

Je ne sais pas trop ce qu’il faudrait pour « sortir du placard » à cet égard. Est-ce qu’on a vraiment besoin d’une parade de la fierté Geek? De former une société secrète (poignée de main secrète incluse)? Peut-être qu’on a tout simplement besoin d’attendre que les cravatés « stuck-up » prennent leur retraite, et qu’il soit normal d’avoir grandi en sachant que jouer à des jeux vidéo n’est pas une activité asociale ou signe d’une tare mentale.

Vous pouvez toujours commencer en envoyant cet article au reste de votre famille qui est confuse sur les raisons qui font que d’enfiler votre uniforme de Star Trek (le rouge méga-cool de « Command », là, avec quatre « dots » au collet) vous rende inexplicablement heureux(se).

Dépoussiérer ma Wii U, Step by Step (Oooh Baby!)

En janvier dernier je me vidais le coeur à propos de ma Wii U, mais peut-être y a-t-il encore de l’espoir. Survol sur un air de boys band des années ’90.

[Danny] Step one, we can have lots of fun

La magie est dans la batte de cricket.

Déjà, même si j’ai de bonnes raisons de me plaindre, c’est pas comme si je laissais ma Wii U débranchée; j’ai fini par passer le maudit bout infaisable à ZombiU, passer le temps n’aura jamais été si facile qu’avec Star Wars Pinball, et fiston fait encore très bon usage de toute ma librairie de jeux Wii (dont l’excellentissîme Kirby’s Return to Dreamland, le jeux le plus rentabilisé de l’histoire des jeux rentabilisés de l’humanité). Il ne se passe pas une semaine sans que j’allume ma Wii U, même s’il se passe couramment 2 ou 3 jours sans qu’elle n’aie d’amour de ma part.

S’il me fallait absolument un « fix » pour maintenant, tout de suite (genre je me casse les deux jambes), il y aurait The Wonderful 101, sorti cette semaine, qui a des reviews plus qu’honnêtes et qui ferait probablement mon affaire. Je pourrais peut-être aussi enfin finir Assassin’s Creed III…

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Blood Bowl: Star Coach

[Note: je voulais faire en préambule un article sur « Les jeux de ligue 101 », mais ça devra attendre et je vais assumer que vous savez ce qu’il y a d’intéressant à se joindre à une ligue de jeux de société. C’est la vie.]

Vous me connaissez, il m’arrive de m’inviter dans les meetings de production. L’autre jour j’étais chez Cyanide Studio pendant l’un de leurs meetings. Entendu:

– Bon, Didier, la fin de l’année fiscale arrive et on a quoi dans le tordeur?
– Ben… Blood Bowl 2, mais il est pas prêt.On s’est tellement fait rentrer dedans par les seules personnes assez folles pour acheter ça (les fans finis de BB) pour le dernier, il faut au moins corriger un peu sinon on a l’air fin.
– C’est quoi encore le problème? Pas capable de juste mettre un mode coop ou quelque chose comme ça?
– Ben tout le monde s’est plaint de notre AI, alors on zigonne* pour en faire un qui se tient, mais on a de la misère à ce que les joueurs aient pas l’air con.
– Et qu’est-ce qu’on pourrait faire pour fermer le clapet de ces rabat-joueurs… haha… « rabat-joueur »… la pognes-tu?.
– Haha, patron… ben on pourrait laisser le joueur faire son AI lui-même, avec un « Playbook » à programmer, comme ça ils ont qu’eux à blâmer si l’AI c’est de la merde.
– Génial. Je veux ça pour lundi.
– Mais ma femme accouche, lundi!
– Pas grave, prenez ce que vous avez déjà comme moteur de jeu, vous enlevez tout sauf la gestion d’équipe et la génération d’AI, vous me mettez ça en Blood Bowl 7, et je veux ça lundi sans faute, même s’il est pas fini… on le mettra sur « Early Acces » de Steam ça va passer. Exécution.

* Note: le meeting de production était en français de France, alors je vais quelques traductions instantanées genre « bidouiller » vers « zigonner ».

Détails après le « More ».

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