Espionnage industriel ou Espionnage Économique?

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de job un peu. Pour ceux qui vivent sous une roche sur Mars, je travaille comme spécialiste en sécurité de l’information au sein de l’entreprise privée.  Oui, ça m’est déjà arrivé de lire vos e-mails. Non, c’est pas particulièrement passionnant.

Donc, pop quiz, hot shot : C’est quoi la différence entre l’espionnage industriel et l’espionnage économique?

Des situations de films de Keanu Reeves, ça ne se démode jamais.

C’est suprenamment simple: Les deux sont conduits sur des organisations dans le but d’obtenir un avantage via le vol d’information (plans, stratégies, etc.), mais l’espionnage industriel est fait par des entreprises, alors que l’espionnage économique est conduit par des états pour favoriser leurs intérêts économiques.

Autrement dit, si c’est Blackberry c’est de l’espionnage industriel (haha), si c’est les services secrets canadiens (re-haha, mais j’y reviens) c’est de l’espionnage économique.

Déjà, réglons le cas de l’espionnage industriel. Oui, ça existe, bien sûr (en doutiez-vous?). Mais pour toute entreprise un tant soit peu sérieuse, il y a deux conséquences possibles: la sanction du public (c’est MAL!), et surtout le risque de poursuites, i.e. de s’en faire « déchirer un nouveau » dans une poursuite civile; j’ai comme un feeling que les juges ne seraient pas cléments avec une entreprise, et « pèseraient sur le crayon » pour les pénalités et sanctions.

Bizarrement, à ma connaissance, « espionnage » n’est pas spécifiquement un crime au Canada (plus souvent c’est « juste » de la fraude ou du vol), bien qu’il soit fort probable que des moyens criminels aient été utilisés en chemin.

Ce sont donc de gros risques pour une entreprise qui voudrait en faire son modèle d’affaires, et ça ne laisse en lice que deux sortes d’entreprises: Celle qui n’en ont rien à foutre parce que tu ne pourras pas les poursuivre pour quoi que ce soit de toute manière (oui, c’est toi qui je regarde, entreprise informatique moscovite), et celles qui ne se font pas prendre (parce que « pas vu, pas pris« , bien sûr).

Sérieusement, quiconque a le temps de prendre une photo avec une cagoule, un laptop et un air « baron Von Evil » a vraiment trop de temps libres…

Donc, dans l’actualité récente, le Canada qui est accusé par le Brésil d’avoir volé des secrets et les avoir communiqué à son secteur minier? Espionnage économique. La France qui est reconnue dans « les milieux autorisés » pour être l’un des pays qui fait grand usage des informations acquises par son service de renseignement national afin d’aider les entreprises françaises à être compétitives. À l’époque ça s’appellait la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), mais depuis ça a changé de nom parce que:

  1. L’amour des français pour la réforme (ils ont réformé à quelques reprises le Tarot… un jeu de cartes, bâtard!) n’a d’égal que …
  2. … leur amour des jolis acronymes (demandez comme ça, « à froid », à un français ce que veut dire SMIC, PACS ou ANPE… ).

D’un autre côté, à part du fait que c’est moralement Mal (vous entendez, là? MAL, J’VOUS DIS!), il y a un argument à faire que ce sont les impôts des entreprises, travailleurs et des entreprises justement  qui paient le salaire des espions d’un gouvenement, alors bon. Plop, plop. On s’entend que comme service gouvernemental ça bat la régulation des prix de location des chalets.

Les yeux méchants, mécanisme de réprobation universel.

Je ne suis pas non plus spécialiste en droit international, mais outre le regard furibond de quelques diplomates et l’outrage complet des organisations du commerce mondial, à ma connaissance aucune sanction ne peut vraiment être mise en oeuvre contre un pays qui pratique ce genre d’entourloupette. Les plus « Realpolitik » vous diront même que « La raison du plus fort est toujours la meilleure. » , et que t’as beau prouver que la Chine a espionné… bonne chan’ pour appliquer quelque sanction que ce soit. Encore une fois, « pas vu, pas pris« .

Ce qui me ramène à nos moutons… enfin, à nos castors. Je pourrais bien comprendre que le Canada a « covoituré » sur un programme de surveillance avec certains alliés, et qu’une fois avoir mis la main sur des trucs intéressants pour son économie, qu’il aurait décidé de « laisser la filière sur la table ». Le Brésil peut bien faire les gorges chaudes, moi je met un 2$ qu’ils ont fait/font pareil quand l’occasion se présente (*tousse*Em*tousse*braer).

Mais… les mines? Sérieux, là? Le secteur de l’énergie je veux bien, après tout on sait que ça joue serré pour la production d’électricité, mais… le secteur minier? J’entend juste d’ici tous les exécutifs des compagnies dans l’aéronautique et le transport, la biotechnologie et les télécommunications dire

Hein? Pis nous? Ça vous tentait pas de nous rencontrer nous aussi pour nous donner quelques ‘pointers’ sur les compétiteurs étrangers? Come on! Les mines ça te prend une drill pis 3 gars willing pis tu viens de te faire une mine d’or, vous allez apprendre quoi, c’est quelle compagnie de tracteurs qui offre la meilleure garantie!?!

Et entre vous et moi, on ne peut pas les blâmer d’être quand même un peu fâché; on a appris y’a pas longtemps grâce à un certain Snowden que les É.-U. d’A., via leur programme PRISM, regardaient pas mal tout passer, et on serait un peu cons de présumer qu’il n’y a pas quelques informations qui ont coulé jusqu’aux entreprises américaines.

Mais au Canada, on est juste trop gentils, faut croire. 😉

Je ne suis pas graphiste, but I play one on TV, 2e partie

Suite de mes petits trucs à l’imposture graphique. Je réitère que les commentaires sont les bienvenus, surtout des vrais graphistes qui ont peur que que les phony dans mon genre viennent leur voler leur job.

Vos outils travaillent pour vous

On a aujourd’hui une tonne d’outils à notre disposition, laissez-les donc faire le travail à vos votre place! Pour beaucoup de choses vous pouvez vous amuser avec ne serait-ce que MS Paint, qui est surprenant quand il vient temps de recadrer une photo par exemple.

Mon outil de choix est The Gimp, le logiciel open source d’édition d’image qui est très complet, mais a une maudite learning curve. Picorez un peu partout dans votre outil: Vous allez travailler 4 fois plus fort que quelqu’un qui en a l’habitude, et passer par de drôles de chemin, mais vous allez probablement finir par arriver à vos fins, de plus en plus rapidement et efficacement d’une fois à l’autre. Juste le copier-coller peut vous mener loin.

On finit par pouvoir manipuler les copier/couper-coller assez pour faire un peu de fantasie si l’inspiration vient (à profusion)

Insta-montage

Petit coup de coeur pour l’outil « sélectionner l’objet d’avant-plan » ( tool  dans le menu), qui fait exactement ce qu’il dit: ça permet d’extraire une image d’avant-plan. Pour les montages, c’est génial.

L’art intemporel du montage douteux, en 5 minutes chrono.

Mon prochain objectif est la vidéo; j’ai récemment trouvé un logiciel d’édition vidéo qui semble équivalent à GIMP et qui est gratuit, Lightworks, mais j’ai quelques problèmes à le faire fonctionner sur mon ordinateur pour le moment. quelques montages de ma fantaisie, tous réalisés en moins de 20 minutes (je perd patience sinon).

Les Calques: dessiner sur des acétates

Pendant que vous y êtes, autre outil indispensable moins compliqué qu’on pense: les « Calques » (« Layers ») dans les images, ça sauve ben ben du trouble: il est possible de travailler sur quelque chose « par étage ». Pensez à si vous dessiniez sur du papier de soie transparent, ou des acétates transparentes.

Ça prend une couple d’heures à apprendre à manoeuvrer, mais c’est super efficace.

Ne vous contentez pas d’être ordinaires

Les gens ont tendance à lever le nez sur les choses « non-retouchées », qu’ils ont trop vu. Si vous mettez un tableau Excel, essayez que ça n’aie *justement* pas l’air d’un tableau Excel, même si c’est juste en utilisant la mise en forme du logiciel.

N’utilisez pas un noir « noir » et un blanc « blanc ». Si vous allez dans les couleurs, évitez les couleurs « pures » (genre le rouge 255-0-0 dans les couleurs RGB). Utilisez un gris très foncé (Comme celui de la fonte du thème de ce blog), ou un blanc légèrement bleuté, n’importe quoi pour ne pas être « pas fini ».

Exemple: pour mes règles de Playmobil Wars, j’ai mis un « cadre aux coins arrondis »; c’est pas grand’chose, mais vous conviendrez que ça donne une petite touche sympathique à l’affaire. Vous remarquerez aussi le concept « approche minimaliste »: pas d’écriture, juste des dessins, sur fond blanc.

Règles de Playmobil Wars
C’est suprenamment chiant les tableaux à coins arrondis dans Word.

Jusqu’à la prochaine fois!

Ça conclus deux ou trois choses que je m’étais mis en tête de communiquer, mais j’en ai bien deux ou trois en réserve, pour un autre moment. Jusque là, ne laissez personne vous dire que vous n’avez pas de talents graphique! 😀

Je ne suis pas graphiste, but I play one on TV, 1ère partie

Je n’ai aucun talent graphique, mais faut admettre que je réussis parfois assez bien à « faker ». On a tous entendu que « le contenu est plus important que que le contenant, mais qu’un mauvais contenant va tirer dans le pied de ton contenu, l’achever au couteau, et l’enterrer discrètement dans sa cour ». Bon, on l’entend pas si souvent que ça, mais vous saisissez l’idée. Petit guide de survie donc pour les « graphiquement challengés » comme moi.

Moins, c’est mieux.

Les gens de talent sont capables de faire des images complexes, fouillées, avec des dégradés et des petits détails. Quand ils ajoutent quelque chose à une image, c’est plus beau. Pas vous. Vous, à chaque fois que vous ajoutez quelque chose, c’est courir le risque que ce soit laid. Ne tentez donc pas le diable.

John Blanche, le maître du minimalisme discret et élégant.

Enlevez systématiquement tout ce qui est superflu. Gardez un minimum de couleurs, d’images, de texte. Fuyez comme la peste tout ce qui « flash »: les écritures avec de l’ombre, tout ce qui brille/blink, le gras souligné italique. Trop c’comme pas assez.

Quand est venu le temps de faire le site pour une idée folle à mon de théâtre interactif, devant le constat de mon non-talent, j’ai puisé chez un éditeur de jeu que j ‘aime bien. Ça a donné le site suivant, pour lequel j’ai reçu un nombre surprenant de compliments:

Fnord
2 logos simples volés à une compagnie que j’aime bien, combinés sur un fond noir. Une simple travail de copy-paste. Ça fait la job.

C’était pas du grand art, mais au moins ça n’a pas fait fuir le monde qui se sont dit « ça a l’air cheap son affaire ». Et au pire, vous dites « c’est minimaliste », ça passe toujours auprès des « artsy-fartsy ».

« Comment tricher » #1: La palette de couleurs complémentaires

Petit truc cheap, mais si vous cherchez un agencement de couleurs qui a du sens, vous pouvez toujours « lister » toutes les couleurs d’une page que vous aimez ou d’un thème que vous utilisez, et en faire sortir les couleurs « inverses » à l’aide d’un éditeur d’image (même MS Paint a cette fonction). Ces couleurs s’agencent bien souvent naturellement bien avec les autres, et vous font une « insta-palette » à utiliser un peu partout sur le site. Il y a souvent une couleur cool qui sort de là (le orange-saumon du bas est plutôt nice pour « puncher » un peu).

Palette de couleurs échantillonnée du thème du présent site. La rangée d'en bas est inversée.
Palette de couleurs échantillonnée du thème du présent site. La rangée d’en bas est inversée.

Sur les épaules de géants

Comme vous le voyez, ie faut pas hésiter à voler les designs des autres. Prenez la page web, sauvegardez-la, ouvrez-la dans un éditeur et amusez-vous à tout enlever sauf le style. Après, ajoutez votre contenu, améliorez un peu les couleurs et le reste.  En toute bonne conscience, si vous ne faites pas une quantité significative de modifications après, faudrait quand même citer l’auteur en référence. Et pour n’importe quoi de plus lucratif que le loisir occasionnel: payez!

Votre meilleur ami (Paint ou GIMP): le "Color Picker". Vous aimez une couleur? Faites un screenshot (touche "PrintScreen", et pigez les couleurs que vous voulez!
Votre meilleur ami (Paint ou GIMP): le « Color Picker ». Vous aimez une couleur? Faites un screenshot (touche « PrintScreen », et pigez les couleurs que vous voulez!

Pour la BD en ligne suivante, j’ai volé le fond noir du site de l’époque, la couleur des fontes et même le « header » de Dreadball lui-même (qui est lié directement au site, paresse oblige).

Un site,si ce n’est charmant, du moins cohérent.

Vous avez un « branding corporatif » ou une charte graphique de votre compagnie sous la main? Vous attendez quoi? Piquez-moi tout ça. J’ai d’ailleurs cru comprendre qu’en 2013, pour les sites web, c’est par les feuilles de style (CSS) qu’on fait du vol qualifié, et pourquoi pas?

Le mot de la fin (pour l’instant, 2e partie vendredi…)

Alors, vous êtes graphistes ou avez authentiquement du talent? N’hésitez pas à me contredire dans les commentaires, mais surtout… donnez donc un ou deux trucs « fastoche » pour favoriser un peu d’émulation artistique chez les non-doués comme moi!

Space Alert: Dans l’espace, personne ne vous entend cafouiller

Un des problèmes courants des jeux coopératif, c’est le gars qui connaît la bonne stratégie, et qui « guide » (gentiment) un peu tout le monde. Eh bien voici le premier jeu coop « à l’épreuve » de ce phénomène. Ça tombe bien il est génial en plus.

Dans Space Alert,  un jeu de cet étrange animal qu’est Vlaada Chvàtil (à vos souhaits), nous incarnons des cadets de l’espace devant survivre 10 petites minutes. Aussi étrange que ça sonnera, le jeu en entier consiste à poser devant soi 12 cartes en 10 minutes. C’est tout.

12 actions. En 10 minutes. Y’a rien là, hein?

Dans un souci d’économie d’électrons, laissez-moi d’abord définir la référence suivante, réutilisable un peu partout dans le texte.

[FUBAR]: Foutre le bordel dans vos plans magnifiquement planifiés et vous promettant une mort certaine par destruction du vaisseau durant la mission d’exploration, probablement dans d’atroces souffrances, asphyxie spatiale ou violation de votre intégrité physique par des extra-terrestres vicieux.

La première partie  du jeu est en temps réel, le long d’une « soundtrack » de 10 minutes parsemée toutes les quelques secondes d’événements suivants comme ce qui suit (faite par un fan sur un thème « Star Trek »):

  • Des menaces surviendront à des moments précis (« Au temps 3 » par exemple), et avanceront inexorablement, ayant des effets (la plupart du temps du dommage au vaisseau) en chemin.
  • Des périodes d’échange/pige de cartes d’actions supplémentaires, parfois nécessaires pour en arriver à ses fins.
  • Des pannes du sytèmes de communication, empêchant les joueurs de se parler, [FUBAR].
« Mais… mais… ceci n’est qu’une mission d’exploration! Nous ne vous voulons pas aucun mal! »

Lorsque les événements surviennent, on les ajoute au plateau de jeu, et il faut à partir de ce moment A) Tenter de ne pas paniquer et B) coordonner ses actions pour en venir à bout et faire survivre le vaisseau. Sinon, ben…euh… [FUBAR]. Il y a tellement de choses qui arrivent en même temps qu’il est impossible pour un seul joueur de tout gérer, il faut vraiment faire confiance à ses collègues, et y aller d’un peu d’intuition.

La seconde partie du jeu, un peu plus longue que la première, c’est la résolution fidèle des actions « programmées » en 1ère partie. C’est là qu’on voit si la coordination a été bonne, et si quelqu’un a pensé recharger le réacteur principal une fois de temps en temps. Si l’une des trois zones du vaisseau (Rouge, Blanche, Bleue, ce qui sert aussi à l’orientation des déplacements) subit un trop grand nombre de dégâts avant la fin du 12e tour, ben [FUBAR]

 

... il se passe pas mal d'affaires en même temps...
… il se passe pas mal d’affaires en même temps…

L’humour est omniprésent en filigrane un peu partout pendant la partie:

  • Il faut « brasser la souris » de l’ordinateur central à tous les quelques tours, sinon le « screensaver » embarque, les lumières se ferment, et les actions de tout le monde sont décalées, [FUBAR].
  • Tout moment où l’un des cadets tire du cannon laser avec toute sa hargne pour mettre fin in extremis à une menace imminente, pour se rendre compte que le gars juste avant toi a pris le dernier cube d’énergie du réacteur, [FUBAR]
  • C’est une mission d’exploration, mais l’exploration elle-même, i.e. regarder par la fenêtre pour voir ce qui se passe, est optionnelle, et généralement pas une très bonne idée si tu veux éviter de [FUBAR].
  • [FUBAR] direct quand tes Battlebots se rebellent (Fuck).

Comme vous le constatez, il est assez facile de [FUBAR]. Il est même vrai de dire qu’il est beaucoup plus facile de [FUBAR] que ne pas [FUBAR].

Fucked Up Beyond All Repair ou Recognition (c’est culturel)

La Cote Alex: 3d4, +5 pour les amateurs de jeux frénétiques, +7 si pour vous la gestion de l’énergie d’un vaisseau est plus intéressante que de le piloter, -7 si les règles complexes vous sont rébarbatives, -5 si vous ne pouvez pas vivre avec la responsabilité d’avoir causé le crash du vaisseau à vous seul, -20 si vous n’avez pas de quoi ou ne voulez pas jouer la trame sonore (il y a un mécanisme de cartes de scénarii, mais c’est pas la même chose); pas un jeu de camping.

Addendum: En fait, il y a un bon argument à faire comme quoi il s’agirait de FTL: The Board Game, tant au niveau des thèmes (cadets de l’espace) que de l’exécution (gérer/oublier l’allocation d’énergie, ennemis se téléportant à bord).Il faudra bien que j’explore les autres jeux de Vlaada qui a définitivement un bon « track record » avec moi. Comique comme il y a souvent parallèles avec des jeux vidéos (parlons de « co-inspiration » 😉 )